Castel de Grenoble

Ost du Lyonnais et Dauphiné
 
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 [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.

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Walan

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MessageSujet: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Jeu 3 Juil 2008 - 22:59

[HRP : Pour toutes les actions ayant lieu à Grenoble ou sur la route entre Die et Chambery]

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Ericx

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Dim 6 Sep 2009 - 11:25

L'Empire germanique ... parsemées d'embuches, d'escarmouches et de combats, ces routes étaient beaucoup plus dangereuses que le jeune homme ne le pensait, en nombre insuffisant pour continuer cette dangereuse aventure, ils rentraient tous au pays.
Le soldat dauphinois revoyait avec une joie non dissimulée le pays qui l'avait vu grandir et qui avait su lui apporter la protection dont il avait besoin après son exil d'Armagnac.

Epuisé par de longues semaines de marches au travers de l'Empire, Ericx atteignait enfin la vallée alpine de Montmélian, il prit les chemins forestiers pour traverser les hameaux de Bellecombe et de Saint Georges.
Saint Georges ... Ah ce nom ressonnait en lui comme un cri de ralliement, toute la grande famille de l'Ost répondant à cet appel comme une seule âme, n'attendant qu'un seul ordre pour défaire du Breton, de l'Anglois, du Teuton, de l'Espagnol ou du Lombard.
Il se souvint de ses débuts, accueilli chaleureusement à la caserne comme on accueillait un nouveau venu dans une famille, il se rememorait tout ce temps passé.
Les incursions secrètes en Provence où les soldats profitaient pour piller quelques hameaux de ces chiens de Provençaux, les aides au Languedoc pour protéger leur villages contre les brigands du Rouergue et de Provence, les charges héroïques contre les voyageurs voulant rentrer à Lyon, les tournois de tir à l'arc, les beuveries et tous ces bons moments passés en caserne avec des frères et des soeurs d'armes.

Et la semaine dernière, qu'apprenait il ?
On lui avait discrètement envoyé une missive pour lui indiquer que sa place au dortoir de Valence avait été rayée des registres.
Presque deux ans au service de l'Ost et du Lyonnais Dauphiné pour être remercié de la sorte, le soldat n'en avait pas cru un mot.
Au fond de lui-même, il pensait à une erreur dans les registres, mais dans quelques jours, il allait en avoir le coeur net.

Le Castel de Grenoble se profilait à l'horizon...

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François De Perneuil

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Dim 13 Sep 2009 - 22:37

Le soleil disparaît déjà derrière le massif du Vercors, nimbant le ciel d'un dégradé rougeoyant lorsque j'arrive en vue du Castel Grenoblois. Je reste à contempler les pierres grises qui constituent les remparts de la citadelle et esquisse un sourire. Tu as vieilli toi aussi, dis-je en m'adressant tout autant à elle qu'à moi. De mes mains décharnées, je resserre les pans de ma cape pourpre et délavée, à la traîne plus qu'usée par les innombrables lieux qu'elle et moi avons parcourus, puis je reprend mon chemin en direction des herses. J'avise les deux gardes et m'approche d'eux. Ils semblent attendre avec impatience que l'on sonne les vêpres afin de pouvoir prendre leurs quartiers. L'un deux, le plus rablais, me jette un regard soupçonneux, visiblement exaspéré que je choisisse le moment de leur fin de service pour me présenter. Son compagnon lui donne un coup de coude, s'apparentant à une bourrade amicale, puis se tourne vers moi en me hélant.

Hola voyageur ? Que viens-tu chercher ici si tardivement ?

J'ôte mon chapeau afin de saluer les gardes, laissant apparaître ma chevelure poivre et sel hirsute devant les soldats. Bien le bonsoir soldats. Pardonnez-moi d'arriver si tard, mais j'ai fait grande route afin de rencontrer le maistre d'instruction de ces lieux. Le garde le plus grand hoche la tête. Nous pouvons vous la faire chercher. Elle quitte rarement le Castel avant la nuit tombée. Quand elle le quitte, croit-il bon d'ajouter. Je vous en serai reconnaissant, soldats. Le plus rablais plit les yeux en me dévisageant. Il me semble très méfiant à mon égard. Et qui doit-on lui faire annoncer ?

Je me râcle la gorge avant de me présenter aux soldats. Je me nomme François de Perneuil, chirurgien itinérant, bien que retiré du métier depuis de nombreuses années déjà. J'affiche un léger sourire en coin. Mais elle me connaît mieux sous le nom de "Père". Cette fois, c'est au garde qui me semblait le plus ouvert de me jeter un regard méfiant. J'ai ma petite idée là-dessus. Tout le monde sait que la bâtarde n'a plus ni père, ni mère. Qui es-tu donc ?

Je pousse un long soupir puis m'adresse aux gardes, les dévisageant tour à tour. Je tente de rester calme, bien que ma voix trahisse une certaine impatience. Est-il plus probabe que ma mort n'ait été annoncée prématurément ou bien que je revienne d'entre les morts ? Le rablais me jete un regard noir. Le plus probable, c'est que t'y es un fieffé menteur. Je parviens à conserver mon sang froid, puis hausse les épaules face à l'entêtement des deux gardes.

Comme bon vous semblera. Faites-lui alors annoncer qu'un fieffé menteur de chirurgien désirerait s'entretenir avec elle. Le grand pousse un soupir en secouant la tête alors que le plus petit s'en va quérir un page. Je reste à attendre, impassible en faisant les cent pas devant la herse, l'arrivée de ma fille.
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Lun 14 Sep 2009 - 0:08

Un chirurgien s'est présenté aux barbacanes et désire s'entretenir avec vous. Les gardes m'ont dit de vous faire part de leur doute quant à son identité. L'individu se prétend votre père.

Laura n'en avait pas cru ses oreilles quand le page s'était pointé dans son bureau et lui avait part de son message. Elle écarquilla les yeux, puis empila les document étalés devant elle d'une manière désordonnée d'un geste agacé. Elle congédia le page d'un ton sec. Merci. Tu peux disposer.

Elle reboucha l'encrier et nettoya sa plume avec empressement, les mains tremblantes sous l'effet de la colère naissante ; puis quitta son bureau en marmonnant. Qui peut bien être le sombre crétin qui souille la mémoire de mon père... La nouvelle lui laissait un goût âpre dans la gorge, et cet individu devrait avoir de bonnes raisons pour oser se présenter ainsi. D'excellentes raisons même. Elle traversa la cour d'un pas rapide, le pas que l'on adopte sous l'emprise d'un grand énervement, et atteignit les barbacanes les traits crispés par l'aigreur de sa colère. Elle salua sèchement les gardes, puis se dirigea vers l'homme qui se prétendait son père, dont la silhouette se découpait sur la capitale du Grésivaudan parée de ses lumières de nuit.

Qui es-tu pour...

Elle s'arrêta soudain, figée de stupeur en reconnaissant les traits si familiers de son géniteur. Elle avait obtenu de lui la couleur de ses cheveux, l'arête de son nez, la courbe de son menton et l'azur de ses yeux. Son teint, qui s'était voulu écarlate devint excessivement pâle, les tremblements de colère cédèrent place à des tremblements de stupeur, et peut être même de peur. L'un des gardes, le plus grand, avec qui le maistre-instructeur avait noué quelques liens de camaraderie s'approcha doucement de la jeune femme et posa une main sur son épaule. Tout va bien Laura ? demanda-t-il d'un ton inquiet. Celle-ci hocha imperceptiblement la tête, puis prit une grande inspiration. Ca va aller Jehan. Prenez vos quartiers. Je m'en charge. Elle n'avait pas pu empêcher sa voix de trembler et dérailler en prononçant ces quelques mots ; et le suivant s'apparenta plus à un hoquet qu'à une parole.

Père ?
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François De Perneuil

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Lun 14 Sep 2009 - 14:14

J'observe d'un oeil distrait le manège qui se joue entre les gardes et le page. Je n'ai pas longtemps à attendre après le départ de ce dernier pour voir apparaître cette silhouette qui ne me semble plus si familière se découper sous la voûte des barbacanes. Au ton dont elle s'adresse à moi et à sa démarche, je reconnais bien là tout le caractère de Maria. Malgré le soleil couchant et le crépuscule tombant, je la vois blêmir. Elle ne s'attendait pas à me revoir, jamais. Ainsi donc la rumeur de ma mort s'était à ce point ancrée dans son coeur. Je ressens un étrange sentiment de déception m'envahir en constatant à quel point sa perspicacité semble s'être ramollie.

Tout va bien Laura ? Aux mots du garde, ma déception se mue en frustration. N'a-t-elle donc rien retenu ? J'avais espéré ressentir plus de satisfaction, voire même de la joie pour nos retrouvailles ; pas comettre ce que j'allais m'apprêter à faire.
Père ?
Je retire mon gant rapiécé et m'approche, m'arrêtant à deux pas d'elle. Je la vois réprimer un mouvement de recul, puis redresser la tête et me toiser avec fierté. Elle sait parfaitement bien ce qui va se produire, mais l'accepte comme si cela tombait sous le sens. Un brasillon d'admiration flambe en moi pour cet élan de courage, bien digne de sa mère ; puis la gifle violemment. La force et l'intensité du claquement me surprend moi-même; sur le coup, mais pas autant que la fureur qui brûle en mon sein. Espèce de sombre idiote ! Je rive mon regard dans le sien, luttant contre moi-même pour réprimer mon propre emportement. Comment as-tu pu devenir si négligeante !?

Un râclement de métal me parvient, amenant mon regard par-dessus son épaule, j'avise les deux gardes qui semblent remontés, prêts à me faire regretter sévèrement mon geste. J'écarte un pan de ma cape et pose la main sur le pommeau de mon épée.
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Mer 16 Sep 2009 - 20:21

Le claquement sur sa joue lui vrilla le tympan gauche. Laura porta sa main à sa joue brûlante tout en écoutant les remontrances de son géniteur. Elle regarda son père droit dans les yeux, puis détourna la tête au son d'une lame tirée du fourreau.

Non ! ordonna-t-elle aux gardes qui s'approchaient, menaçants. Rangez vos armes. Le dénommé Jehan secoua la tête. Il s'agit d'un affront, Maître-Instructeur. On ne peut... Je t'en prie Jehan. Laisse tomber. Les deux gardes se dévisagèrent, avant de reporter leur attention sur François et de lui jeter un regard noir. Ils rangèrent leurs armes, déconfits. Jamais ils n'auraient imaginé Laura capable de supplier pour si peu - et de les supplier eux. Le plus petit des gardes cracha sur le sol pour exprimer sa colère. Comme vous voudrez.

Laura attendit qu'ils aient tourné les talons avant d'en revenir à son père. Elle sentait toujours la brûlure de la gifle battre sa joue, puis balbutia.
J'ai... J'ai reçu une lettre du Fringant disant que tu étais mort. Je croyais que tout serait enfin... Sa voix céda, partagée entre la surprise et la colère, et ses yeux se mirent à briller sous le conflit d'émotions.
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François De Perneuil

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Mer 16 Sep 2009 - 22:07

J'ai... J'ai reçu une lettre du Fringant disant que tu étais mort. Je croyais que tout serait enfin...

Je lève les yeux au ciel, soulevant les bras avec exaspération. Les lettres du Fringant ne sont jamais à prendre au premier degré pour la Famille. Je remarque alors une larme rouler sur la joue de ma fille. Je pose ma main sur sa joue - la même que j'ai giflé - et l'essuie d'un mouvement de pouce, puis prend un ton plus doux, plus compréhensif.

Pardonne-moi ma chérie. J'ai du mal à admettre que tu fais ton propre chemin maintenant. Un étrange sentiment de culpabilité me ronge l'estomac, aussi je reprend, plus calmement ; les mots que je prononce n'en étant pas moins durs à exprimer pour autant. Je sais que la Famille n'est plus aujourd'hui, mais les menaces sur toi pèsent plus que jamais. J'ôte ma main après une dernière caresse sur sa joue, puis resserre ma cape autour de mes épaules, avant de répondre à son regard interrogateur. Je déteste aborder ce sujet, mais cela est nécessaire ; pour elle. Le vieux Giuseppe avait la rancune tenace, et les Agostino ne l'ont jamais libéré de son engagement envers ta mère. Je ravale la boule qui me prend la gorge ; comme à chaque fois que j'évoque son souvenir. Depuis qu'elle est morte, ton grand-père s'est retourné vers toi, en remplacement de Maria ; pour honorer sa promesse.

Aujourd'hui, les doyens Constantini et Agostino ont rejoints l'Au-Delà, mais leurs vieilles promesses ne les ont pas suivi dans le caveau. La descendance a prit la relève. Giono, le promis de ta mère, souhaite désormais te voir épouser son aîné... Je secoue la main de dédain. ...Un simple d'esprit de quinze malheureux printemps. Je pousse un long soupir, puis réprime un frisson sous l'assaut d'une rafale de vent.

Je me suis installé dans une petite auberge non loin de l'église. Nous y serons plus tranquille. Sans attendre d'approbation, je lui tourne le dos et m'engage sur le pont qui enjambe l'Isère aux plots paisibles.
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Sam 19 Sep 2009 - 23:33

Laura avait repris une certaine contenance en écoutant les propos rapportés par son père. Ainsi donc, malgré la mort de son grand-père, de sa mère, la prétendue mort de son père, les Agostino avaient toujours à coeur de faire honorer cette promesse de mariage ; et cette fois-ci, elle était au coeur de cette manoeuvre. Rien que de penser que cette histoire la poursuivait toujours lui mettait le coeur au bord des lèvres. Elle comprit alors qu'elle était son erreur. A l'annonce de la mort de son père, elle avait pensé que l'histoire de promesse et la vengeance s'étioleraient, et avait repris son nom de naissance auprès de tous. Ses compagnons d'arme, son seigneur, Max, Ed, et l'avait donné à ses enfants.

Je me suis installé dans une petite auberge non loin de l'église. Nous y serons plus tranquille.

Laura hocha la tête, puis rattrapa son père pour marcher à ses côtés, franchissant l'Isère. Comme son père semblait ne pas vouloir en dire plus, elle entama la suite de la conversation. Beaucoup de monde connaît maintenant mon véritable nom. Elle baissa la tête. L'identité que tu m'avais fait adopter, FRihilde, fille d'UTher ASSengren ne présente plus de raison d'être n'est-ce pas ? Il hocha la tête sans répondre verbalement. Laura poursuivit donc. Comment m'as-tu retrouvée ?
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François De Perneuil

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Ven 25 Sep 2009 - 21:24

Je pousse un soupir face à la curiosité de ma fille ; et connaissant sa mère, elle ne cessera pas tant qu'elle n'aura pas obtenu ce qu'elle veut. *Foutu sang de Constantini.* Je prends une longue inspiration, puis entame la conversation. Depuis notre rencontre en Bourgogne, lors des joutes de Dijon... Je t'ai vu portant les armes d'un seigneur. J'ai redessiné ses armes et demandé à Rémi de trouver leur propriétaire. Il s'est rendu à Paris trouver l'Hérauderie, et a réussi à identifier ces armes comme étant celles de Genay, en bord de Saône. Partant de là, il ne lui a guère fallu de temps pour découvrir que le village de Genay était régentés par des Diois, et en déduisit aisément ton lieu de résidence. Sachant où chercher, il n'eut aucun mal à te retrouver, se basant sur les archives du Diocèse de Die. Ainsi donc, tu as eu une fille ? Je me retourne vers ma fille, portant sur elle un regard fier, puis pousse un soupir en reportant mon attention sur les bâtisses alentours. Ca ne me rajeuni pas tout ça. Je continue à marcher plusieurs minutes en silance, avant de reprendre.

Après avoir acquis la certitude que tu allais bien, j'ai demandé à Rémi de te faire transmettre la nouvelle de ma "mort" ; espérant que tu comprendrais que si j'avais réussi à te retrouver, les Agostino y parviendraient également. J'étais à mille lieues de penser que tu t'afficherais ouvertement et deviendrais si négligeante. Je tourne à l'angle d'une rue et attend qu'elle me rattrape pour poursuivre. J'ai profité de ma situation de défunt pour retourner à Florence, glaner des informations sur Giuseppe et les Agostino. J'avise une enseigne qui se balance au dessus d'une porte à la lumière affable d'une torche. Nous y voilà Laura. Je pousse la lourde porte de bois massif, puis pénètre dans l'établissement en dégrafant ma cape. Je commande trois ragoûts auprès du taulier, accompagnés de bière, puis approche d'une table déjà occupée par un homme dont l'allure m'est familière.

L'individu se lève et s'approche de moi les bras ouverts. Je lui rend son accolade avec une joie non feinte. Ah ! Mon bon Rémi ! Quel plaisir de te revoir enfin. Après une étreinte chaleureuse, nos corps se séparent et je détaille l'homme de la tête aux pieds. Et bien, il semblerait que tu te sois enrobé. Rémi éclate de rire. En effet mon ami. Je vis sur ma fortune, et de longues années d'oisiveté m'attendaient encore si tu ne revenais pas. Il me jauge à son tour. Toi par contre, t'es devenu plus sec qu'un nerf de boeuf... Les voyages forment la jeunesse que veux-tu. Nous nous asseyons côte à côte sur un banc, et je regarde ma fille prendre place face à nous.

Le taulier apporte deux chopes supplémentaires en plus de celle de Rémi, et je nous sers en bière du pichet déjà entamé par mon compagnon de fortune. Je savoure le liquide alors que Rémi s'adresse à ma fille. Et bien la P'tiote ! T'as pas changé, quelques rides en plus je dirai. AOW ! Je souris dans ma chope. Il me semble que rien n'a changé malgré les années. Encore plus mauvais carafon que sa mère la P'tiote... Rémi avale une gorgée de bière, puis s'essuie la bouche d'un revers de manche avant de se tourner vers moi. Alors François ? Qu'est-ce qui te ramène parmi les vivants ? Je repose ma chope, puis glisse ma main à l'intérieur de mon manteau. La doublure émet un craquement lorsque j'arrache la couture, puis en sors trois feuilles de parchemin que je dépose sur la table, faisant attention à ne pas les poser sur des traces de bières.

Trois malheureux documents m'ont fait quitter ma paisible retraite. Ce serait... Coupe-pas mon intrigue, Rémi. Quand j'ai appris la mort de Giuseppe, je me suis rendu à la demeure des Constantini, où l'Intendant a accepté de me recevoir. Je me demande encore comment j'ai pu ressortir de là la tête sur les épaules. J'avale une nouvelle gorgée de bière, puis reprend. En réalité, l'Intendant de la Maison des Constantini a toujours été opposé à l'alliance entre les Constantini et les Agostino, ce qui a donné lieu a de nombreuses querelles entre Giuseppe et lui. Je pense qu'il a été soulagé de mes nouvelles, puisqu'au final, la Maison avait encore un héritier de vivant. Fidèle à son devoir et son serment envers ta famille Laura, et au testament de ton grand-père, il m'a remis ces documents afin que je te les restituent. Je pousse la pile de parchemins de l'autre côté de la table, au devant de ma fille. L'Intendant m'a dit qu'il continuerait à faire tourner les affaires en attendant ton retour. Terres cultivables, troupeaux, forges, arsenal, chantier naval... Un sourire narquois se dessine sur mes lèvres. Te voilà aujourd'hui à la tête de l'empire Constantini.
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Sam 26 Sep 2009 - 18:01

Laura regarda avec un sourire franc les retrouvailles de son paternel et de Rémi, son "oncle" par adoption tant les deux étaient - et sont toujours - proches. Elle s'installa face à eux, buvant d'une seule traite la chope que lui servit son père. Elle prit alors conscience d'à quel point le choc ressenti était grand et l'avait secouée.

Et bien la P'tiote ! T'as pas changé, quelques rides en plus je dirai.

Elle reposa sa chope d'un coup sec sur la table, puis envoya son pied frapper le tibia du Fringant. Et toi, t'es toujours aussi con... Cela fait, non sans lui arracher un sourire de satisfaction revanchard, elle écouta alors son géniteur poursuivre la suite de son histoire, sans en perdre une seule miette, sinon pour se resservir en bière.

C'est au moment où son père lui fit passer les trois parchemins que Laura crut bien défaillir de son tabouret. Elle regarda fixement les documents, d'une valeur foncière quasi-inestimable, et d'un pouvoir aujourd'hui encore plus grand. Ces documents lui offrait l'occasion de pouvoir tirer un trait sur tout et repartir à zéro. Quitter l'Ost, abandonner les armes, ne plus connaître le besoin. Elle posa sa main sur les documents, caressant du bout des doigts la texture rêche du parchemin. Et après ? Qu'adviendrait-elle ? Devait-elle retourner à Florence ? Ses racines certes, mais elle n'y avait jamais mis les pieds. Une nouvelle langue, une nouvelle condition, un autre monde. Celui de la noblesse et de la bourgeoisie ; où les manoeuvres politiques seraient son lot quotidien. Ne pas se laisser bouffer par les différentes familles qui s'arrachent les propriétés, terres, possessions, artisanat, savoir-faire ; qui se battent à couteaux tirés avec un grand sourire hypocrite et une politesse exacerbée.


Si elle décidait de prendre part à ce combat, elle entrerait dans une arène d'où elle ne voyait que deux issues possibles : la défaite en honorant l'engagement de son grand-père envers les Agostino ; ou bien mourir en cédant tout cela à des épaules préparées à supporter un tel fardeau. La dernière solution était de ne rien faire et de tout laisser en l'état, géré par un Intendant qui attendait sa venue avec impatience. Quand bien même, elle serait condamnée à vivre dans la crainte de voir les Agostino la retrouver. Laura se prit la tête entre les mains, fermant les yeux et s'obligeant à respirer de lentes bouffées d'air. *Garder la tête froide, garder la tête froide...*

L'image des parchemins - et ce qu'ils représentaient - s'imposa à son esprit. *Le mariage... C'est donc cela que cherche à obtenir les Agostino par les liens du mariage. L'économie militaire de Florence.* Nul doute que si elle répondait à cet appel, elle ne tarderait pas à perdre la vie dans un "accident" ou une maladie quelconque, afin que les possessions des Constantini deviennent celles des Agostino
.

Laura ? Elle releva la tête et posa un regard bouleversé sur Rémi. Le tavernier fit son apparition avec les ragoûts commandés. Apportez-nous aussi une bouteille de Chartreuse je vous prie. Merci. Il lui fallait quelque chose de fort. Laura... Je t'ai entendu ! répondit-elle d'un ton sec. Rémi poussa un soupir. Cesse donc de te ronger les sangs. J'ai déjà la solution au problème. Laura plissa les yeux et le fixa longuement, complètement perdue. Le tavernier revint alors avec la bouteille de chartreuse qu'il déposa sur la table, accompagnée de trois verres, puis les laissa à leur discussion. Le Fringant sembla comprendre le désarroi de la jeune femme, aussi lui servit-il le digestif. Elle attrapa le verre et avala son contenu d'un trait, serrant les dents sous la chaleur de l'alcool ; puis s'adressa à son "oncle" d'une voix rauque. Je t'écoute.

Rémi eut un sourire qui en disait long et qui ne trompa pas la jeune femme. Il arborait toujours ce sourire quand il était sur le point d'énoncer une idée ou un plan que son père s'empresserait de suivre. Elle fixa ce sourire derrière lequel se dissimulait toute l'ingéniosité du Fringant. Ce même sourire avait élaboré les plans qui avaient fait la réputation de la "Famille", sourire qui avait tant rapporté à la "Famille". Le même sourire qui avait prit des vies, parfois par l'intermédiaire de sa propre main, à elle ; sourire qui avait également sauvé des vies parfois. Un sourire que la jeune femme haïssait, car il avait détruit la "Famille". Rémi prononça alors trois mots, ou un nom pour être exact, qui glacèrent le sang de la jeune femme.

Vicenzo Di Constantini.

Laura resta coi durant plusieurs secondes, comme émergeant d'un rêve éveillé. Elle sentit tous ses réflexes qu'elle croyait avoir laissé derrière elle, avec son passé, ressurgir. A la simple évocation du nom de son fils, les rouages de son esprit se mirent en route, et les pièces se déplaçaient sur l'échiquier, jusqu'à porter le coup de "mat". Elle sut presque immédiatement, instintivement, que la solution proposée était la seule issue possible et victorieuse de l'impasse dans laquelle elle se retrouvait aujourd'hui engagée ; mais pourtant sa nature de mère l'empêchait de céder. C'est impossible Rémi. C'était faux. Elle le savait. Je suis désolé Laura, mais c'est la seule solution. Les Constantini ont besoin d'un héritier mâle pour rompre l'engagement envers les Agostino. Laura tourna son regard vers son paternel, espérant obtenir de lui un soutien, bien qu'elle ne se fit aucune illusion à ce sujet.

Père...
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François De Perneuil

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Dim 4 Oct 2009 - 14:40

Vicenzo Di Constantini

Je manque de m'étouffer en avalant ma gorgée de bière. Après avoir toussé et reposé ma chope, je me tourne vers Rémi. Décidemment, il arrivera toujours à me surprendre. A son expression, je reconnais bien là mon fidèle ami. Je tâche dès lors d'assembler les pièces du puzzle. Si l'on présente un héritier aux Agostino comme prétendant, ils se devront de renoncer à leur engagement, ou alors accepter le fait que leurs possessions deviendront celles des Constantini. Je me masse les paupières. *Quel merdier ces Cités-Etats.*

Je me tourne alors vers ma propre chair. Ainsi donc elle avait eu un fils entretemps ? Le regard qu'elle m'adrese confirme mes soupçons. Père... Je secoue la tête.

Il a raison, une fois de plus.

Je marque une pause, encore en proie à mes réflexions. Il subsiste néanmoins un problème. Les Agostino entretiennent d'excellentes relations avec l'Eglise. Lorsqu'ils auront mis la main sur les archives du Diocèse, ils ne tarderont pas à s'apercevoir que ton fils n'est qu'un cadet. Ta fille est l'héritière logique des Constantini, et c'est elle qui voudront voir mariée à leurs intérêts. Je bois une nouelle gorgée de bière. Les Agostino ne doivent pas mettre la main sur Aude. S'ils pouvaient même, mais j'en doute, ne jamais apprendre son existence. Rémi intervient alors. Je peux me charger de l'éloigner d'ici. Je hoche la tête. Parfait, Je m'occuperai donc de faire mener Vicenzo à... Je sursaute quand ma fille frappe sur la table avec violence.
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Dim 4 Oct 2009 - 18:10

Laura n'aurait su décrire le sentiment qui s'empara d'elle en entendant son père se rallier à la cause de Rémi ; et qui s'amplifia encore lorsque celui-ci parla de sa fille comme d'un "problème". De la colère ou du désespoir, elle ne parvint pas à trancher lequel de ces deux sentiments dominait dans sa voix et dans ses pensées. Elle frappa du plat de la main le bois de la table, avec assez de force pour en faire trembler le plateau et tinter les verres. La douleur et la sensation de brûlure irradiant dans sa paume lui firent immédiatement regretter son geste, mais c'est le ton de sa voix et la douleur qu'il transportait qui lui fit encore le plus mal.

Non mais vous vous entendez !? Vous parlez de mes enfants comme de foutus pions dans votre jeu ! Elle leur lança tour-à-tour un regard noir. Il est hors de question que vous vous serviez d'eux pour ces conneries ! Elle montra les documents. Laura... Il n'y a pas de "Laura" qui tienne ! Elle se rendit compte que la taverne s'était tue et que les attentions étaient sur eux. Elle pointa un doigt accusateur sous le nez de Rémi. Ca fait neuf ans que toute cette histoire devrait avoir prit fin. Neuf années que ton "plan génial" nous a conduit au désastre. Où étais-tu durant ces années-là ? Où Rémi !? A cause de toi, j'ai passé plus de quatre années enfermée dans un couvent, à vivre l'enfer au sein des partisans de Dieu ; et j'ai passé les cinq années suivantes à me reconstruire une vie. De quel droit te repointes-tu ici et veux-tu à nouveau tout me prendre. Elle se tourna vers son père, la voix entrecoupée de sanglots alors que des larmes de colère dessinaient des sillons salins sur ses joues. Et toi... Combien de fois reviendras-tu encore de chez les morts ? Tu comptes enchaîner combien de générations de notre famille à réparer les fautes de ton amour égoïste !?

Laura reprit une longue inspiration, cherchant à canaliser sa colère, en vain. Elle se leva de table, s'appuyant des deux mains sur le plateu et se pencha vers eux. Je ne vous laisserez pas vous en prendre à ma famille. Ni Aude, ni aucun des jumeaux. S'il leur arrive quoi que ce soit, je m'assurerai que vous rejoignez vos tombes, et pour toujours cette fois-ci. Elle quitta la table, puis l'auberge d'une démarche rapide et déterminée par sa colère.

Une fois au-dehors, elle arpenta les rues de Grenoble sans destination précise, l'esprit simplement centré sur la récente altercation, sa famille, et cette maudite histoire. Après avoir longuement erré et quitté la ville, elle se retrouva sur les berges du Drac. Elle s'assit sur une souche d'arbre, ramena ses genoux contre sa poitrine, les bras croisés autour de ceux-ci et se laissa aller à son chagrin. Perdue dans ses sanglots et ses pensées, elle n'avait pas remarqué qu'on la suivait, ni même que l'on s'approcha d'elle. Une douleur lui vrilla l'arrière du crâne, un voile noir passa sur son regard et Laura perdit connaissance.
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François De Perneuil

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Dim 4 Oct 2009 - 18:57

Je regarde et j'écoute, effaré, ma fille et ses reproches, sans trouver rien à dire. Sa remarque sur mon "amour égoïste" me blesse très profondément, mais je ne peux que lui donner raison. Quand elle quitte l'auberge, je n'arrive pas à trouver de raison pour la retenir. Son parti est prit. Je me masse le visage, puis regarde Rémi. Il semblerait que l'on ait mal jaugé de sa coopération. Le Fringant secoue la tête et fait un signe de la main que je ne comprend pas. Tu es le seul à l'avoir mal jaugée, mais tu n'avais pas toutes les cartes en main il faut dire. Je le regarde en fronçant les sourcils, un courant d'air joue avec mes cheveux lorsqu'un homme quitte l'auberge à son tour. Que veux-tu dire ? Tu ignorais l'existence des jumeaux jusqu'à ce soir. Francesco et Vicenzo. Je souris à l'évocation des prénoms. L'un d'eux porte mon nom dirait-on. Rémi me rend mon sourire. Elle t'a gardé en haute estime malgré tout. Jusqu'à ce soir du moins. Je pousse un soupir.

Elle nous tueras si l'on approche de sa famille selon toi ? Mon ami hausse les épaules comme si cela relevait de l'évidence. Bien sûr qu'elle le fera. C'est ce que nous lui avons appris à faire. Et cette fois, elle cherche à protéger ses enfants avant tout. On ne la fera pas changer d'avis. Il avala une gorgée de bière. C'est bien la fille de Maria. Je souris, tristement. Tu as raison, peut être trop. Je m'attendais presque à me faire insulter en Toscan. Rémi éclate de rire, avant de s'attaquer à son ragoût. Je l'imite, et profite d'être entre deux bouchées pour lui demander : Que fait-on alors ? Il me dévisage, terminant sa bouchée avant de me répondre. On s'en tient à ce que l'on a dit. Tu emmènes Vicenzo à Florence, et moi, je m'occupe d'Aude. Je hoche la tête. Et le père dans l'histoire ? Beaucoup trop loin d'ici. Les deux d'ailleurs. Les deux ? Rémi acquièse. Aude et les jumeaux n'ont pas le même père. Ne me regarde pas comme ça. Elle est comme nous l'avons faite. Je plisse les yeux en affichant une moue contrariée, puis soupire avant d'entamer le point le plus épineux. Laura ? Il secoue la main. Elle ne posera pas de problèmes. Je lui jette un regard suspicieux et repose ma cuiller.

Tu n'as pas... Bien sûr que non, c'est ma fille presque autant que la tienne. Disons que je m'attendais à sa réaction, et que des dispositions ont été prises. Quelles... Dispositions ? Il désigne la porte d'un signe du menton. Je la regarde avant de comprendre. L'homme qui vient de sortir ? Il hoche la tête. Ne t'inquiète pas. Il a des instructions très précises. Ne pas la tuer, éviter de la blesser, juste la retenir captive le temps que nous emmenions les enfants et partions sur les routes. Deux semaines grand maximum. Je secoue la tête. Ca ne me plaît pas du tout. Je soupire à nouveau. Mais elle a choisi son camp. En guise d'approbation, Rémi boit une nouvelle gorgée de bière. Tu penses vivre assez vieux pour ça ? Je secoue la tête. Vingt années de plus ? Aucune chance... Je veux juste voir Florence dans des mains que j'aurais façonnées.
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Charles Vallus

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Mar 6 Oct 2009 - 0:10

Dans un coin sombre de l’auberge, Charles attendait depuis un moment maintenant. Discret, le bonhomme ne s’était pas fait remarquer, passant certainement pour un vagabond venu là dépenser le peu qu’il avait réussi à gagner pour son pain de la semaine en buvant une bonne bière.
« Va dans l’auberge près de l’église, et attends, je te ferais signe. »
Tels étaient les mots que lui avait dit Rémi avant de s’éclipser, lui laissant au passage une bourse bien remplie, et encore…ce n’était que la moitié de ce qu’il lui avait promis s’il réussissait sa mission, et il allait la réussir, cela allait s’en dire, car il n’était pas homme à échouer.

Notre homme, Charles Vallus donc, était un homme bien bâti, d’une petite trentaine d’années bien portées, habillé de vêtements sobres, de couleur foncée et portant à la ceinture un long couteau rangé dans un fourreau simple lui aussi, pour ne pas attirer l’attention.
Depuis quelques années maintenant, il exerçait le « métier » de mercenaire, on lui filait de l’argent pour des missions, il cherchait pas plus loin et les exécutait tant que c’était bien payé.
Aussi, lorsqu’il vit Rémi entrer, il ne bougea pas, l’observant discrètement de derrière ses cheveux noirs qui lui tombaient sur les yeux.

Son employeur se dirigea donc à quelques tables de là où il se trouvait lui-même, sans même lui adresser un regard, un sourire ou quoi que ce soit d’autre, se mit assis et commanda à boire.
Un signe, oui, il devait attendre un signe.
Et les minutes passèrent sans que celui-ci n’arrive. C’était toujours ça l’plus chiant dans ce genre de mission, l’attente…mais bon, fallait au moins ça pour rendre l’action palpitante.
Mais finalement elle ne dura plus très longtemps, à peine deux minutes plus tard la porte s’ouvrit sur un homme ayant déjà bien vécu et une femme, bien plus jeune elle.

Il la regarda un instant, la détaillant tranquillement alors qu’elle ne devait pas se douter un instant qu’elle était observée. Qu’est-ce qu’le Rémi voulait bien foutre d’un soldat captif ? ‘Fin bon, c’était pas ses oignons d’toutes façons.
Attentif à la conversation qui s’engageait, il ne comprit néanmoins pas tout les détails de l’affaire, une histoire d’mariage, d’argent, d’empire, bah tout ça quoi…Lui, il attendait le signe, ‘fin il attendait en reluquant la donzelle qui accompagnait l’homme, faut dire elle était appétissante, il en aurait bien fait son déjeuner.

Que disions nous ? Ah oui, le signe donc. Il observait attentivement la scène, où les deux hommes semblaient prendre une décision concernant la femme. Décision qu’elle ne partageait pas, si l’on en croit le coup sur la table qui fit trembler même son propre verre (Oui, c’est Godzilla version fille, en fait…), et sa façon de quitter l’auberge en claquant la porte. Même le pauvre Charles en était tout ébahi…
Enfin pas trop longtemps tout de même, puisqu’un regard lui rappela qu’il avait une mission. Ce devait être cela, le signal, un regard furtif vers lui de Rémi. Il déposa alors un écu sur la table et se leva discrètement, suivant le chemin que la jeune femme avait emprunté quelques minutes plus tôt : la porte.

C’était maintenant, dans la rue, que les choses sérieuses commençaient, que l’action prenait le dessus et qu’il sentait l’adrénaline monter en lui…Tournant la tête à gauche, puis à droite, il décida de suivre le chemin le plus probable, celui qui ne menait pas à un cul de sac.
Un sourire lorsqu’il vit que son intuition était la bonne. Devant lui marchait la jeune femme, apparemment en proie à des idées noires, si on en croit sa tête baissée. Il lui fallait attendre de trouver un endroit tranquille, il ne pouvait pas accomplir sa mission dans une rue de Grenoble, comme ça, ni vu ni connu. Non. Il attendrait patiemment.
Pas longtemps certes, le moment adéquat semblait lui tomber tout cuit dans la bouche lorsque la femme s’installa près d’un arbre sur les berges du Drac. Moment idéal donc, il prit son long couteau en le tenant par le fourreau et s’approcha discrètement de Laura. La garde de la lame était en bois et ce fut sans hésitation qu’il frappa avec celle-ci l’arrière du crâne de la jeune femme qui tomba presque aussitôt inanimée.

Une chance pour lui, elle était légère, il put la porter facilement sur son épaule du style « sac à patates » et se dirigea vers l’endroit qu’on lui avait indiqué : une vieille maison abandonnée depuis longtemps où résidaient uniquement les araignées et autres rats. Il y régnait froid et humidité, accompagnés par l’odeur de renfermé et de moisissure caractéristique des endroits inhabités et non entretenus. Enfin, cela serait bien suffisant pour ce qu’il allait y faire. Il déposa donc son paquetage dans la pièce principale, non-loin de l’âtre de la cheminée où de vieilles cendres étaient encore présentes. La pièce d’ailleurs était simple, une table sur laquelle était posée des vivres ramenés il y a peu ainsi que des cordes, une chaise, et la cheminée devant laquelle se trouvait une réserve de bois.
Le temps de se servir des cordes pour lier solidement les pieds ainsi que les mains de la femme et il se mit à allumer un feu dans la cheminée. Feu qui prit rapidement, éclairant la pièce d’une douce chaleur cuivrée pendant que l’homme retournait s’assoir, profitant du calme qui n’allait certainement pas durer pour manger un bout.
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Mar 6 Oct 2009 - 19:05

[Le lendemain - premier jour de captivité]

Lorsque brillèrent à son esprit les premiers éclats de conscience, tout ne fut que douleur et inconfort. Une migraine lui martelait les tempes, tout comme le sang qui battait à l'arrière de son crâne lui fit crisper le visage de douleur. La plupart de ses muscles étaient perclus de courbatures, surtout ceux des bras dans son dos, et Laura avait les pieds et les mains engourdis. Elle poussa un grognement d'inconfort, puis ouvrit les yeux. Elle prit alors conscience de l'odeur de moisissure qui lui prenait le nez, le goût de poussière qui lui emplissait la bouche et la sécheresse qui en découlait. Elle tenta de bouger, puis s'aperçut que des liens lui entravaient les poignets et les chevilles.

Laura sentit monter en elle une immense panique, et elle tenta de se dégager de cette emprise, avant de reconnaître la futilité de ses efforts. La vague de panique finit par l'abandonner, et elle tenta de raisonner malgré la migraine. Elle se mit à analyser l'environnement qui l'entourait, ainsi que sa propre situation. Laura se trouvait allongée sur le sol terreux d'une bicoque qui semblait inhabitée depuis trop longtemps. Les fenêtres étaient barricadées par des planches d'où filtraient quelques raies de lumière ; à peine assez pour éclaircir la pénombre, mais bien trop suffisante pour attiser le feu qui brûlait sous son crâne. Son attention fut attirée par le crépitement d'un feu derrière elle, qui résonna à ses oreilles comme un claquement de tonnerre quand la foudre frappe. Elle roula sur le dos, grimaçant de douleur en sentant ses mains écrasées s'enfoncer dans le creux de ses reins ; et fixa le plafond à la charpente délabrée durant quelques secondes, avant de fermer les yeux. Elle crispa la mâchoire à plusieurs reprises, massant ainsi ses tempes douloureuses. Un râclement soudain lui fit tourner la tête en direction du bruit, et c'est avec peine qu'elle distingua la silhouette d'une personne dans l'obscurité ambiante.

La panique la submergea à nouveau, lui serrant les entrailles jusqu'à lui donner la nausée, et un masque d'angoisse se peint sur ses traits. Dans son dernier souvenir, elle se trouvait sur les berges calmes du Drac ; et seulement prisonnière de ses réflexions. Ce matin - ou cet après-midi ; elle n'aurait su le dire - Laura se retrouvait prisonnière d'un - ou d'une - inconnu, dans un endroit inconnu, pour des raisons inconnues. Trop d'inconnus venaient de s'imposer à son esprit, et cela la terrifia littéralement. Par pur réflexe, elle tenta à nouveau de se libérer, tirant sur ses liens qui lui meurtrirent un peu plus les poignets alors que ses muscles endoloris se révoltèrent face à ces nouvelles sollicitations ; mais à force de gesticulation et de reptation, elle parvint à se redresser, assise sur le sol, et à s'adosser à un mur. Le froid et l'humidité de la pierre traversèrent son uniforme et le lui collèrent sur le dos. Elle frissonna, plus de par sa condition, acculée et dans l'impossibilité de se défendre, que de froid. Elle plissa les yeux, espérant y voir un peu mieux, sans résultat ; et d'une voix rendue faible et tremblante par la crainte et la panique, elle s'adressa à celui qui devait être son ravisseur.


Qui... Êtes-vous ?
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Charles Vallus

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Jeu 8 Oct 2009 - 13:42

La donzelle était restée dans les vapes toute la nuit, allez savoir pourquoi ça dort autant une femme, ‘fin bon…Toujours est-il que du coup, le bon Charles avait piqué du nez aussi et roupillé le temps de quelques heures. Jusqu’à ce que sa captive commence à gigoter. A partir de ce moment il l’observa tranquillement, détaillant sa silhouette dans l’obscurité qui enveloppait les alentours de la pièce. Elle semblait courbaturée et entrain de souffrir, si on se fiait aux espèces de grognement qu’elle poussait en tout cas. Mais cela Charles s’en foutait, le but était de garder la bonne femme attachée, pour qu’elle ne puisse pas s’enfuir, car l’homme n’était pas bête, il savait la soldate futée et si par malheur il la détachait même une seule seconde, elle se jetterait sur lui pour le tuer.

Elle gigotait donc, et empêchait Vallus de se rendormir et finir sa nuit comme un brave homme après une longue journée de travail. Après tout avec ce qu’il avait fait, il la méritait sa nuit ! Non ?
Bah et voilà qu’elle recommençait à s’agiter…c’était bien les femmes ça aussi, à jamais rester tranquille quand ça pionce pas.
Il apercevait son visage grâce à la faible lueur du feu et avait bien envie de manger ce petit minois tout cru, l’étincelle de peur et de panique qu’il voyait dans son regard ne faisait qu’étirer son sourire et lui donner encore plus envie de s’approcher.


Qui... Êtes-vous ?

Le paroxysme du plaisir chez l’homme était d’entendre la voix faible, paniquée de ses victimes, là en l’occurrence il sentait le sentiment de supériorité prendre possession de lui. Il tira son couteau du fourreau et se leva pour approcher du corps recroquevillé à pas lent.
Arrivé tout près d’elle, il se baisse un peu et passa le plat de la lame sur la joue de la femme, sans la blesser, juste pour lui montrer qu’il avait les moyens de la maitriser si elle venait à se rebeller contre lui.


Qui je suis…Je suis Charles, Charles Vallus, mercenaire, enchanté.
Il parait que j’dois te retenir un moment emprisonnée ici, alors c’Est-ce que je vais faire. Qu’une chose soit claire, je suis pas un sentimentale. Si jamais tu t’avises d’essayer de t’enfuir tu en feras les frais…Oh bien sûr, on m’a demandé de ne pas te blesser, mais vu le temps que tu vas rester ici, les blessures que tu pourrais recevoir auront bien le temps de guérir n’est-ce pas…Et je pourrais toujours dire que tu as essayé de partir. Donc, tu seras sage, n’est-ce pas ?


Petite bifurcation de sa lame et une fine coupure se dessine sur la joue de la femme, un petit filet de sang descendant le long de la belle peau de sa captive. Il se penche et vient recueillir le liquide vitale encore chaud avec sa langue, se redressant légèrement en la regardant, satisfait puis il se penche à son oreille et lui murmure :

Nous sommes d’accord ?
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Jeu 8 Oct 2009 - 19:45

Laura avait regardé l'homme s'approcher d'elle, un couteau à la main. Une terreur encore plus grande s'empara d'elle. Si jamais l'homme lui révélait son nom, c'est qu'elle aurait très peu de chance de quitter vivante cette immonde bicoque. Elle posa un regard paniqué sur les alentours, avant de revenir à son ravisseur et son arme. *Je ne peux pas mourir dans un endroit aussi sordide.* Confirmant ses craintes, l'homme se présenta, non sans affirmer sa domination en faisant jouer la lame de son couteau sur sa joue. Un frisson d'horreur parcourut son échine, malgré le soulagement certain que l'homme lui prodigua en affirmant ne pas devoir la tuer.

Donc, tu seras sage, n’est-ce pas ?

Un mercenaire. Un salopard de mercenaire. S'abstenant de répondre, Laura serra les dents en sentant le couteau lui entailler la joue, et le picotement s'accompagnant. Un frisson de dégoût lui glaça le sang lorsque son ravisseur lui lécha la joue. Elle ferma les yeux et pencha la tête de côté pour tenter d'échapper à cela, en vain. Elle serra les poings dans son dos et tourna la tête quand il se pencha un peu plus sur elle.

Nous sommes d’accord ?

Elle ne lui répondit pas, et si elle avait répondu, ce n'aurait sûrement pas été par l'affirmative. Ce n'était pas parce qu'elle se trouvait pieds et poings liés qu'elle capitulerait au jeu de ce Charles, du moins, pas sans résistance. Elle tourna lentement la tête vers lui alors qu'il était encore penché sur elle, et passant outre la douleur et les courbatures, elle plongea la tête en avant et tenta de le mordre au cou. Mais l'homme n'était manifestement pas né de la dernière pluie, et le mercenariat avait cette particularité d'apprendre à rester sur ses gardes, constamment.

Maugréant contre son inefficacité, et son incapacité à se défendre, Laura se prépara à recevoir la riposte de son ravisseur. Et, comme il s'était lui-même présenté, il ne faisait pas dans le sentiment. A ses yeux, elle ne devait être que l'objet d'une récompense, et c'est en objet qu'il la traiterait. Une violente douleur irradia sa joue entaillée quand l'homme la frappa, et l'arrière de son crâne frappa durement contre le mur derrière elle, le choc sourd raviva sa douleur de la veille et amplifia sa migraine. Des étoiles dansèrent devant ses yeux, et malgré le déboussolement inhérent à l'après-coup, elle ne perdit pas connaisssance. Elle bascula néanmoins sur le côté, son dos frottant contre les aspérités de la pierre, puis se laissa choir sur son flanc, haletante, alors que le goût cuivré du sang envahit sa bouche. Elle cracha un mélange de salive et de sang sur le sol, puis tourna la tête vers son ravisseur. La peur continuait de lui tenailler les tripes, mais elle ne laisserait pas cet homme lui imposer sa volonté, du moins pas sans se rebeller. Dans tes rêves... Elle cracha à nouveau son sang sur le sol. J'te laisserai pas fermer l'oeil... Je te pousserai à bout... Charles. Elle insista lourdement sur le prénom de l'homme, mettant autant de défi que possible dans le ton de sa voix tremblante.
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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Ven 9 Oct 2009 - 23:56

Qu’est-ce qu’elle croyait cette femme, que le Charles était un simple paysan qui se ferait mettre à terre au premier assaut ? C’était bien le sous-estimer mais pas uniquement, la jeune femme venait également de faire une sacrée erreur de stratégie, elle était maintenant à sa merci et il n’allait pas se faire prier pour le lui faire comprendre. Il se recula lorsqu’elle s’était jetée à son cou pour le mordre, certes l’homme aurait préféré qu’elle se jette à son cou pour autre chose mais on avait pas toujours ce qu’on voulait du premier coup dans la vie.

Espèce d’idiotemarmonna le bonhomme, avant de la frapper durement et sans retenue de son poing fermé, au niveau de l’entaille faite précédemment. Il la regarda alors que sa tête frappait brutalement le sol, aucune émotion ne pouvait transparaitre de son regard, si ce n’est la colère et le désire d’apprendre à cette femme qui est le maitre dans cet endroit.
Ces sentiments d’ailleurs décuplèrent lorsqu’il aperçut le sang couler sur les lèvres de sa captive, vision qui fit naitre sur ses lèvres un sourire carnassier.


Malgré tout ce qu’il lui avait déjà fait subir, malgré ses menaces, elle continuait à lui résister…C’était une femme de caractère, ça c’était sur. Dommage que ce caractère allait être brisé très prochainement….Et c’est Charles qui allait s’en charger, se charger de détruire le moral de cette femme qui semble si forte, qui malgré la douleur lui résiste encore et toujours.
J'te laisserai pas fermer l'oeil... Je te pousserai à bout... Charles.
Et ce défi…ce défi dans sa voix tremblante, sa voix paralysée par la peur et pourtant si sure d’elle. Peut-être la panique la rendait elle folle…Toujours est-il que c’est souriant toujours qu’il se pencha à nouveau vers elle, faisant de sa voix presque un murmure, lui soufflant à l’oreille les terribles mots :

Téméraire…ça va pas durer. Pour ce que tu as dit, tu mériterais une punition exemplaire, et je vais te la donner…mais sans te tuer. On va faire un petit jeu toi et moi si tu veux bien, et tu veux bien, cela va s’en dire.
A ce moment là, il bougea sa captive pour qu’elle se retrouver sur le ventre et se mit à califourchon sur dos, devant ses mains liées.
Allez, le jeu débute…Tes enfants sont très mignons tu sais…Oh la petite Aude, à croquer…et le petit Vicenzo, un futur bel homme oui, c’est surIl s’arrêta de parler un instant pour exercer une pression sur les doigts de la femme, les tordant un par un avec sa propre main, en souriant toujours, rigolant presque.
Tu peux crier ici…personne ne t’entendra. Tu aimes tes enfants ? Tu aimes la chaire de ta chaire ?
A nouveau il tord les doigts avec violence, sentant de temps en temps un craquement si familier aux oreilles du mercenaire.
J’espère que tu les aimes de tout ton cœur…parce que plus jamais tu ne les reverras. Quand tu sortiras d’ici…Ils seront loin, très loin…impossible pour toi de les retrouver, quoi que tu fasses.
Une pression à nouveau, puis il se relève et vient devant la femme, relevant sa tête en la tirant par les cheveux afin de la regarder.
Tu as mal là n’est-ce pas…je suis sûr que tu ne ressens même pas de douleur à la main, tellement obnubilée par tes enfants que tu l’es…Ah l’amour maternel….quelle connerie !
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Sam 10 Oct 2009 - 21:44

Laura regarda l'homme s'approcher d'elle avec épouvante. A son regard, elle savait qu'elle venait de le mettre en colère, ou avait déclenché chez lui le besoin d'asseoir encore sa domination, comme si cela eut été nécessaire. Il la tourna sans ménagement sur le sol, lui plaquant le ventre au sol et lui écrasant la poitrine de par son poids. La tête de la jeune femme reposait à même le sol, ses inspirations haletantes se chargeant de poussière et lui assèchant la gorge. Elle cracha à nouveau un peu de sang au sol, puis gémit en sentant le mercenaire lui planter ses genoux dans le creux des reins. Mais sa frayeur se fit plus grande encore lorsqu'elle le sentit attraper ses doigts entre ses mains calleuses. Elle tenta de refermer les poings pour espérer échapper à cela, en vain. Il ne lui laissa aucun doute quant à ses intentions ; il allait lui briser les phalanges, les unes après les autres. Laura ferma les yeux et serra les dents en attendant le moment fatidique, mais l'appréhension du moment se révéla encore plus insoutenable que la douleur qui s'ensuivrait.

Le Charles ne lui brisa pas les doigts immédiatement. Il se pencha sur elle, enfonçant davantage ses genoux, puis commença à cracher son venin verbal. Allez, le jeu débute…Tes enfants sont très mignons tu sais…Oh la petite Aude, à croquer…et le petit Vicenzo, un futur bel homme oui, c’est sur.

C'est ça ton "petit jeu" !? Un jeu de lâche ? Tu ne... Le mercenaire tira sur ses doigts, sans forcer assez pour les lui démettre, mais assez pour lui arracher un cri de douleur. Tu ne sais rien ! Tu n'es qu'un vulgaire pion ! Tu peux crier ici…personne ne t’entendra. Je t'emmerde !! Tu aimes tes enfants ? Tu aimes la chair de ta chair ? Un claquement sec résonna dans la petite pièce, une douleur fulgurante frappa son esprit, et elle poussa un hurlement de douleur quand l'un des ses doigts se désarticula. Les larmes lui montèrent aux yeux et roulèrent sur ses joues, et son estomac se noua, lui donnant des nausées. Elle reposa sa tête, tendue sous la douleur, sur le sol poussiéreux en haletant.

J’espère que tu les aimes de tout ton cœur…parce que plus jamais tu ne les reverras. Quand tu sortiras d’ici…Ils seront loin, très loin…impossible pour toi de les retrouver, quoi que tu fasses. Elle écarquilla les yeux alors que les mots pénétraient son esprit et effritaient le mur de sa détermination. *Non, c'est impossible,* tâchait de lui souffler son coeur. Au fond d'elle, elle en avait la certitude que cela se passerait ainsi, mais se l'entendre dire aussi cruement avait un effet bien plus démoralisant. Et malgré cela, elle ne pouvait s'y résoudre, elle refusait de s'y résoudre. NON !! hurla-t-elle à son ravisseur dans un sanglot ; hurlement du coeur qui se mua en hurlement de douleur quand le mercenaire tira à nouveau sur ses doigts, lui en démettant deux de plus. Laura se tortilla sur le sol et se débattit au possible, cherchant à déstabiliser son ravisseur ; mais elle n'eut pas à soutenir ce rythme bien longtemps car celui-ci se releva de lui-même. Il avait fait son oeuvre, il le savait. Il venait d'instiller en elle un poison pour son esprit.

Les quelques mouvements bien trop inefficaces n'avaient eu pour effet que d'accentuer encore ses douleurs physiques. Charles vint se placer face à son visage et releva sa tête en la tirant par les cheveux. Il planta ses petits yeux dans ceux, rougis par les pleurs et noircis par la colère, de Laura, et acheva son effet.

Tu as mal là n’est-ce pas…je suis sûr que tu ne ressens même pas de douleur à la main, tellement obnubilée par tes enfants que tu l’es…Ah l’amour maternel….quelle connerie ! Sans même y penser, elle lui cracha au visage, avant de se laisser emporter par la colère. FERME-LA !! SALOPARD !! QU'EST-CE QUE TU Y COMPRENDS !? HEIN !? Sa voix se brisa lorsque ses sanglots éclatèrent à jour. Je vais te tuer ! TE TUER CHARLES !!

Une vague de folie, sourde à toute raison s'empara d'elle, causée par la souffrance et la violence des mots, contraignant l'esprit à ignorer la douleur et réfûter une fois de plus les affirmations de Charles. Elle se débattit plus violemment encore, cherchant à arracher ses liens en tirant simplement dessus, avec le simple désir de tuer l'homme en face d'elle pour partir protéger ses enfants. Le sourire amusé de son bourreau renforça encore plus sa rage, mais ses liens étaient solides, et l'homme devait avoir l'expérience du noeud.

Mais les longues minutes que dura cette frénésie ne lui apportèrent ni réconfort, ni courage, ni même un espoir de se débarasser de ses entraves. La vérité contenue dans les propos du mercenaire l'avait transpercée. Comble de la souffrance, il lui apparaissait que ses enfants lui seraient arrachés ; et le seul constat qui s'imposait à elle, c'était qu'elle ne pouvait strictement rien y faire. Rémi "le Fringant" avait encore fait preuve de son ingéniosité, et elle ne pourrait pas lutter contre ses desseins en restant enfermée ici. Les douleurs cuisantes de son corps agonisant la rappela à une réalité encore plus dure, et les larmes coulèrent abondament, sans plus aucune retenue, sa respiration hachée se mua en sanglots incontrôlables et tout son corps se relâcha, abdiquant face à son impuissance.


Libère-moi... Laisse-moi partir... Libère-moi... Je t'en supplie... Ses sanglots s'intensifièrent. Je ne peux... Rien faire... Rien. Une immense fatigue s'empara d'elle, un vide béa dans son âme. La simple pensée de chercher encore à lutter lui mit le coeur au bord des lèvres et, recroquevillée sur elle-même, elle vomit une bile âcre avant d'être à nouveau secouée de sanglots. Les secondes se muèrent en minutes, les minutes se regroupèrent en dizaines, et après avoir passé presque trois quarts d'heure à pleurer sans discontinuer, Laura se retrouva à bout de forces, tant physiquement que mentalement ; elle finit par sombrer dans un sommeil lourd et sans rêve.

[Soir du premier jour]

Lorsque Laura se réveilla, elle se retrouva plus lasse que reposée. La lumière filtrant entre les volets s'était estompée, et les quelques stridulations d'insectes au dehors lui indiqua que la nuit était tombée. Pourtant, cela n'avait plus guère d'importance pour elle. Sa famille lui serait arrachée, pour la seconde fois. Elle resta de longues minutes à contempler le feu crépitant, puis reporta son attention sur son bourreau quand son estomac gargouilla, lui rappelant qu'elle n'avait rien avalé depuis le midi de la veille. Elle s'adressa au mercenaire d'une voix résignée, neutre et lasse.
J'ai faim.
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Charles Vallus

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Jeu 15 Oct 2009 - 8:33

Quelle jouissance que de voir cette jeune femme le supplier de la libérer, d’arrêter son supplice…Le Charles aurait presque pu ressentir de la pitié pour ce corps recroquevillé sous la douleur mentale et physique qu’il venait d’infliger, mais il était mercenaire et ne connaissait pas ce genre de faibles sentiments. Quoi qu’il aurait bien été tenté de l’achever, mais c’était bien plus amusant de la regarder ainsi, anéantie par ce qu’il venait de lui dire, et de toutes façons tuer ne faisait pas partie de sa mission.
Un sourire satisfait sur les lèvres, il se releva donc, laissant là ce pauvre corps meurtri, cette pauvre âme en peine sangloter comme une enfant et retourna s’asseoir sur sa chaise.

C’est qu’elle n’avait pas envie d’arrêter de pleurer la captive…Peut-être aurait il du y aller moins fort, juste pour qu’elle ne lui casse pas les oreilles si longtemps. Finalement, au bout d’un temps qui paraissait être plusieurs heures, la femme s’endormit, laissant place à un silence lourd de douleur, ‘fin pas pour le Charles, lui allait très bien. Sortant son couteau de la poche, il se mit à l’aiguiser tranquillement pendant que sa captive roupillait sec, fallait bien s’occuper après tout.
Et le temps passa, lentement, très lentement, mais la patience était une vertu du mercenaire.

Le soir venu, la jeune femme sembla enfin émerger de son lourd sommeil que même tout le bruit que Charles avait pu faire n’avait pas réussi à briser.

J’ai faim.
Il lève la tête, pose son regard sombre sur elle et l’observe. Fatigue, douleur, angoisse semblaient avoir eu raison de sa détermination. Résignée, elle le regardait sans vraiment le voir, s’occupant simplement des besoins que son corps lui réclamait.
Résignée.
Il avait réussi à la mater si on en croyait les apparences. Mais dans le doute…
Attrapant deux espèces de récipients, il versa dans l’un de l’eau que contenait sa gourde et dans l’autre il mit quelques morceaux de viande qu’il avait découpé et se mit debout, s’approchant d’elle pour déposer les gamelles devant ce corps faible.


Tiens, débrouille toi avec ça, j’vais pas t’donner la béquée, et hors de question que je t’enlève ces liens. Alors t’fait comme les clebs.

[HRP : J'ai gagné le pari Wink ]
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Jeu 15 Oct 2009 - 22:25

Laura restait encore hébétée du traitement qui lui avait été infligé. La douleur dans ses doigts était si intense qu'une sueur froide lui baignait constament le front et la nuque. Mais cette douleur ne comblait en réalité qu'un vide béant dans son être. Elle s'était résignée, bien malgré elle, à accepter sa situation, aussi inconfortable soit-elle. Charles ne devait pas la tuer, aussi devait-elle se contenter de rester en vie et attendre que vienne l'heure de sa libération.

Elle posa un regard dénué d'intérêt sur les gestes de l'homme qui lui préparait de quoi se restaurer. Elle gesticula pour se redresser et s'asseoir tant bien que mal dos au mur. Laura regarda alors les deux gamelles déjà peu ragoûtantes d'aspect, et dont le contenu l'était encore bien moins.


Tiens, débrouille toi avec ça, j’vais pas t’donner la béquée, et hors de question que je t’enlève ces liens. Alors t’fait comme les clebs.

Elle qui se pensait résignée à tout subir jusqu'à sortir de cet enfer, une colère montante lui fit changer d'avis. Elle avait pratiquement tout perdu ; famille, liberté, contact avec l'extérieur. Seuls restaient Charles, ce taudis, sa fierté et sa vie. Sa fierté. Sa vie. Seules choses que Charles ne pouvait lui prendre. Seules choses qui lui appartenaient encore. Elle qui venait de choisir de s'y raccrocher, voilà que Charles la traitait pire qu'une bête.

Laura lui jeta un regard noir, entouré de cernes, brillant de colère, qui se posa ensuite sur les deux gamelles à ses pieds. Elle poussa un soupir en reposant sa tête contre le mur derrière elle, puis envoya violemment ses pieds liés renverser les plats, dont les contenus se répandirent sur le sol poussiéreux.
Va te faire... Je te ferais pas le plaisir de... M'agenouiller devant toi. Elle posa sur lui un regard déterminé, flammèches d'azurs ravivées par la haine et brûlantes d'aversion. Désormais, la haine pure se mêlait à sa douleur, et elle se promit de faire partager son enfer à cet enfoiré.

Laura s'adressa à son ravisseur d'une voix rendue faible et hachée sous la douleur, mais pleine de mépris, lancé comme une évidence.
Tu sais... Elle balaya la bicoque du regard. Tu devrais arranger... Ta dernière demeure... Tu ne verras pas la couleur de ton argent, Charles... Ses yeux fixèrent ses bottes. Rémi ne te considère... Que comme un pion à sacrifier... Pour son succès... Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration, puis sourit d'une délectation sadique. Et j'aurai le plaisir... De le voir te tuer... Laura ricana sèchement, puis toussa à s'en arracher la gorge, déjà déshydratée, et reprit son sourire méprisant. Sois maudit Charles. Elle se prépara mentalement à servir de défouloir à son ravisseur avec une indifférence morbide.
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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Ven 16 Oct 2009 - 23:57

Soupir de lassitude et regard tourné vers le plafond de la chaumière lorsque Laura reprend sa bataille futile et fatigante -pour elle- et recommence à se rebeller. A croire qu’elle aimait ça, qu’il la remette à sa place. Il ne jeta même pas un regard vers les plats qu’il avait placé devant la captive, à vrai dire il s’attendait à sa réaction, mais il doutait qu’elle fasse cela, vu son état de fatigue déjà bien avancé.
Il soutient sans aucune difficulté son regard, certes haineux, mais pas différent de ceux qu’il a l’habitude de croiser…la donzelle semblait avoir oubliée que Charles était mercenaire, et qu’il était pas là pour qu’on lui fasse les yeux doux. Son regard, à lui ? Indifférent. Oui, en réalité, il s’en foutait complètement de ce qu’elle pouvait bien penser de lui, une fois sortis de là-dedans, il ne se reverrait jamais, Charles disparaitrait à nouveau dans l’ombre comme il l’a toujours fait, attendant qu’on lui donne son prochain travail.

Il l’écouta ensuite déblatérer sur sa dernière demeure, un pion sacrifié, le succès de Rémi et blablabla…Un rire, un regard méprisant…Bah, Charles lui n’était pas vraiment là, c’est à peine s’il écoutait. Il s’imaginait surtout dans une bonne taverne à boire une bonne bière, sans une putain de captive pour les lui briser. Un soupir à nouveau et il revient à la réalité, posant son regard sombre sur la casse-bonbon en chef.


Tu m’saoules là en fait…J’préférai qu’ce soit une bonne bière qui m’fasse cet effet plutôt qu’toi, parce que là c’est pas positif, pas positif pour toi surtout, j’t’explique.

Joignant le geste à la parole, il envoya violemment son pied dans l’estomac de sa captive appuyée contre le mur. Geste vif et précis qui prit par surprise la soi-disant soldate déjà en bien piteux état.
Comme par reflexe la jeune femme se recroquevilla sur elle-même et c’est le moment que le mercenaire choisi pour continuer son œuvre, envoyant sa botte cette fois en plein dans ses côtes, souriant du craquement qui se fit entendre au moment du choc.


Voilà…Tu vois, peut-être qu’tu finiras par comprendre qu’il faut pas m’provoquer…t’es têtue à la fin…Si tu crois qu’cet endroit sera ma dernière demeure, tu t’trompes. J’suis un pion ? Oui, ça j’le sais, j’suis payé pour être un pion. J’verrais pas mon argent tu dis ? Mais j’en ai déjà vu une partie rassure toi…et même si j’dois mourir ici par la main de ton pote Rémi, sache une chose, tu n’auras pas le loisir de me regarder crever, parce que je t’aurais tué avant. Tu me crois assez bête pour me faire avoir comme ça ? Non, ton pote me tuera pas, parce qu’il sait que s’il essaie, c’est toi qu’il ne reverra pas…Et moi j’me tape de vivre ou mourir, j’ai personne qui m’attend, chez moi.
Maudit ouais, j’le suis depuis longtemps, mais je l’assume.
Ah, au fait, pour la bouffe…Tu t’débrouilles avec ce qu’il y a par terre, hors de question évidemment que je te donne quoi que ce soit d’autre alors que tu as gâché de la si bonne nourriture.
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Laura di Constantini

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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Ven 30 Oct 2009 - 2:29

[Soir du premier jour]

Laura se recroquevilla sur elle-même, le souffle coupé, ramenant son menton sur ses genoux, avant que le second coup de pied de son ravisseur ne la fasse s'écrouler sur le sol, cherchant à retrouver sa respiration en haletant, inspirant de grandes goulées d'air humide et lourd de poussière. L'esprit focalisé sur sa respiration, la douleur dans son diaphragme et ses côtes, elle n'écouta rien des paroles de Charles ; mais comprit de part son ton de dédain que rien de ce qu'elle pourrait dire ne l'atteindrait. Les suffocations brûlantes de ses poumons finirent par lui arracher des larmes pendant qu'elle reprenait son souffle. Plusieurs minutes après que Charles eut terminé ses élucubrations qu'elle parvenait à y voir clair à nouveau et que sa respiration devint plus aisée et régulière. Son yeux azurés fixèrent le sol terreux, puis remontèrent sur son ravisseur en un regard empli d'incompréhension, avant qu'ils ne se ferment et que la jeune femme ne perde connaissance, rongée par la douleur et les manquements à ses besoins vitaux.

[Espace-temps indistinct]

Loin de la rudesse actuelle de sa condition et de la dureté de la réalité, l'esprit de Laura semblait flotter dans une sorte d'écrin de coton. Elle se sentait à la fois gourde et légère, l'esprit fonctionnant au ralenti, mais accaparé par aucun problème. Pas de douleur, de fatigue, de faim ou de soif. Pas de besoins, ni de désirs à combler. Juste être. Elle se trouvait dans un des méandres protecteurs de son esprit, la coupant de sa dure condition afin de préserver son intégrité mentale ainsi que son intégrité physique ; coupant le premier de ses préoccupations, et le second des conséquences des actes du premier. Ainsi donc l'esprit et le corps de Laura travaillaient ensemble pour se préserver au-delà et au détriment de la conscience de la jeune femme. Chacun rendrait ses propres rênes quand la conscience serait en mesure et dans le devoir d'agir pour sa propre survie. Et au milieu de cet espace cotonneux, nimbé de chaleur et de confort, une brèche s'ouvrit, dans laquelle la conscience fut aspirée vers un espace froid, humide, empli de douleurs et de besoins ; et de rênes tendus.

[Après-midi du troisième jour]

C'est une impression de soulagement primitif qui accueillit Laura lorsqu'elle émergea de son inconscience. Un soulagement accompagné d'une sensation de chaleur humide et une forte odeur d'urine. Elle tourna légèrement la tête et avisa la tâche sombre et forte odorante qui se dessinait sur son pantalon au niveau de l'entrejambe. Fermant les yeux, elle laissa retomber sa tête en arrière sur le sol froid en soupirant. Et merde... Elle fut prit d'une quinte de toux qui lui arracha la gorge, puis déglutit avec difficulté. Son ventre gargouilla avec intensité, lui vrillant l'estomac dans une intense douleur due au vide. Charles... De l'eau... Elle s'adressait à son ravisseur d'une voix faible et rauque - et suppliante bien malgré elle - ; emplie d'une résignation très - trop - palpable à son goût. J'ai soif... Nouvelle quinte de toux. Elle passa sa langue sur ses lèvres asséchées. De l'eau... Je t'en supplie... Son regard tomba sur les morceaux de barbaque traînant à même le sol. Le dégoût du premier jour semblait avoir été relayé très loin en arrière-plan de ses préoccupations, et ces quelques morceaux de viande apparaissaient désormais comme de véritables mets qui n'attendaient qu'à être consommés. Jouant des jambes et se tortillant de manière à ramper, elle se dirigea lentement mais sûrement vers un des morceaux de viande à une quinzaine de pouces de son visage.

Ravalant sa fierté qui ne la nourrissait pas de toute manière, elle avala le premier morceau de viande sans prendre la peine de le mâcher. Un goût de viande rance mêlé à l'âpre de la poussière emplit sa bouche, mais le simple fait d'avaler quelque chose de consistant la soulagea, et Laura continua sa reptation vers le restant de viande alors que Charles semblait avoir prit la jeune femme en pitié, à moins qu'il ne pensait qu'au succès de sa mission, et lui offrit de boire à sa gourde. La jeune femme avala de longues gorgées d'eau, et elle en aurait bu bien plus si le mercenaire n'avait pas retiré sa gourde de ses lèvres, un peu trop tôt à son goût. Elle termina d'avaler les quelques morceaux de viandes, satisfaite d'avoir pu se mettre quelque chose sous la dent et étancher un minimum sa soif. Laura se démena pour rejoindre sa place initiale, un peu plus près de l'âtre afin de se réchauffer, puis se laissa ensuite reposer, la joue gauche sur le sol, le souffle haletant et les muscles brûlants d'avoir fait ces mouvements dans une position aussi inconfortable ; mais dans un état de conscience second où cela n'importait plus vraiment. Manger, boire, dormir. Rien de plus.


Dans son état de préservation, elle ne pensait plus aux conditions de sa captivité, à la nature de Charles ou encore à sa mission. Elle était juste captive, et - ironie mordante - de Charles dépendait sa survie. C'est à cela que se résumait désormais sa situation. Elle se râcla la gorge, et déclencha une nouvelle quinte de toux qui la fit se recroqueviller sur elle-même, avant de chercher à voir Charles dans la semi-pénombre de l'après-midi de son regard azuré et vide de tout espoir. Encore... De l'eau... Mais avant même qu'elle n'obtint une réponse de son ravisseur, la migraine sourde qui lui martelait le crâne l'emporta à nouveau au creux des méandres de son inconscience.

[Nuit du quatrième au cinquième jour]

Ce jour-là, ce ne fut pas une impression de soulagement qui la tira hors de son inconscience, mais de fortes nausées accompagnées de douleurs abdominales qui la poussèrent à se recroqueviller sur elle-même jusqu'à atteindre une position foetale qui n'était guère plus confortable. Sa respiration était haletante, et sa migraine n'avait disparu que pour laisser place à une fièvre brûlante. Des tremblements secouaient ses membres, et la sensation de soif était plus intense que jamais. Elle chercha son ravisseur des yeux dans la pénombre aux reflets orangés, avant d'entendre ses ronflements. Charles... Sa voix s'érailla. Elle toussa, puis appela à nouveau le mercenaire. Charles !! La jeune femme haleta en laissant le mercenaire se réveiller en râlant son aise. J'ai soif ! Nouvelle quinte de toux. J'ai froid... Je... Elle ne put achever sa phrase car la nausée la domina soudain, lui poignant l'estomac ; et elle vomit un mélange de bile et de chyme brunâtre aux relents ammoniaqués. Laura porta un regard paniqué, tout comme le ton de sa voix, sur son ravisseur. Charles ! Aide-moi...
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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Sam 21 Nov 2009 - 16:00

Finalement il était retourné s’assoir, ne prêtant plus attention à sa captive tombée dans les vapes juste à ses pieds après lui avoir lancé un dernier regard interrogatoire. Charles n’était pas pour la violence gratuite mais là, elle le cherchait, fallait bien le dire. Si elle avait mangé simplement sa viande comme elle aurait du, rien de tout cela ne se serait passé.
Il s’en est donc retourné à sa table sans adresser un seul regard à la jeune femme au sol, ouvrant une bouteille de vinasse qu’il se fit un plaisir de descendre tout seul au cours de la nuit avant de finir ivre et endormit sur la table, la bouteille vide dans sa main. La journée qui suivit fut pour lui d’un calme bien agréable, la captive toujours dans les vapes sans que cela n’inquiète en rien le bon Charles et même, cela l’enchantait.

Il en avait profité pour sortir acheter de quoi boire, de quoi manger, de quoi rester encore quelques temps dans la vieille baraque en somme. Revenant dans l’antre, il fut pris de dégoût par l’odeur assaillant ses narines et le faisant même reculer d’un pas, d’où venait cette odeur acre sinon de sa captive ? Il s’inquiéta un instant, craignant que sa captive ne commence déjà à se décomposer alors même qu’elle n’était pas encore morte…Bon certes il n’était pas très futé le mercenaire.
Néanmoins du courage il en avait et c’est à deux mains qu’il le prit pour entrer dans la pièce, prenant de l’air dans ses poumons par la même occasion. Coup d’œil sur la captive, il se rend compte qu’elle est toujours évanouie, et aussi que c’est d’elle que provient l’odeur qui lui avait vrillé les narines quelques minutes avant.

Soupir de sa part, il avait oublié ce petit détail…tant pis, il ferait avec. Il pose ses achats dans un coin et se remet à ses occupations jusqu’au soir, les reprenant le lendemain matin, s’occupant comme il pouvait même s’il s’ennuyait sérieusement. Entre dormir, sculpture d’un bout de bois, boire, manger et jouer aux cartes tout seul…Finalement l’après midi du troisième jour, une quinte de toux le sortit de sa léthargie, ramenant son regard vers la source du bruit, la jeune femme qui toussait à s’en décrocher les poumons. Pas de compassion dans le regard de Charles, juste de l’indifférence alors qu’elle lui réclame à boire.
Sourire cependant satisfait bien que mêlé de dégoût lorsqu’il voit sa captive enfin daigner manger la nourriture qu’il lui avait proposé deux jours auparavant. Finalement elle se résignait. S’approchant, il lui laissa boire quelques gorgée d’eau à sa gourde, ne souhaitant pas trop la voir s’étouffer avec ce qu’elle avait avalé, car si c’était le cas, cela signifierait l’échec de sa mission. Presque aussitôt, elle retourna dans les limbes de l’inconscience et Charles à son gouffre d’ennui.

Deux jours passèrent encore ainsi, et Charles s’était endormit tôt le soir du quatrième jour, plongeant dans un sommeil sans rêves mais empli de bruit, de ronflements et de quelqu’un essayant de le sortir des méandres de son inconscience.

Charles...
Charles !!
Charles !

Réveil en sursaut et en sueur du mercenaire, regard dans la pénombre vers sa captive, apercevant son regard, paniqué, vers lui. Il s’approche, ne comprenant pas ce qu’il se passe et portant sa manche à son nez, essayant d’empêcher l’odeur repoussante d’atteindre son odorat, chose vaine certes, mais au moins il aurait essayé. Il se penche vers elle, pose sa main sur son front, brulante…Dans sa mémoire il recherche la cause de ce qui arrivait à sa prisonnière, se remémorant les jours précédents, le repas, la viande avariée…Elle avait vomi, cela venait il de là ?
Machinalement il porte la main à sa gourde, l’ouvre et relève légèrement la tête de la jeune femme pour qu’elle boive. Il ne savait pas comment soigner ce genre de choses, il n’avait jamais été formé à cela car il n’en avait jamais eu l’utilité, mais aujourd’hui c’était le cas.


Qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce que je dois faire ? Dis moi bordel !
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MessageSujet: Re: [RP] Entre Die et Chambery : Grenoble.   Dim 3 Jan 2010 - 4:22

[Nuit du quatrième au cinquième jour]

Une brume salée vient troubler sa vue sous la douleur aiguë qui lui vrille les entrailles, et c'est sur les traits abstraits de son ravisseur que ses yeux de gueule et d'azur se posent. Enfin il lui donne à boire, à nouveau. Laura avale de grandes gorgées du précieux liquide, autant pour étancher sa soif que pour faire passer cet horrible goût acide qui stagne au fond de sa gorge. C'est avec dépit que ses lèvres quittent le goulot de l'outre, "le puit est à sec". Elle prend une grande inspiration et ferme les yeux, ramenant un peu plus ses genoux vers sa poitrine, position plus confortable contre le mal qui la taraude.

Qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce que je dois faire ? Dis moi bordel !

Malgré la fatigue qui l'assomme et endort ses sens, malgré la douleur, la morsure des liens qui lui entaille les chairs, la fièvre qui lui martèle les tempes, ses doigts insensibles et immobilisés et les courbatures qui lui brûle les muscles, la jeune femme ne peut s'empêcher d'afficher un vague sourire. Elle pense un instant que c'est la folie qui s'empare d'elle et qui lui souffle les mots qu'elle prononce dans sa semi-conscience. Finalement... Ton ignorance... T'entrave bien plus... Que mes liens... Battements de paupières qui chassent les larmes qui lui brouillent la vue quand elle dévisage à nouveau le masque d'impuissance que porte Charles. Au travers de son épreuve, elle trouve une certaine jubilation à voir ainsi un homme passer d'une position de force à une position de faiblesse. Cette petite lueur doit briller dans le fond de son regard. Une lueur de satisfaction, une lueur de folie.

Son ventre gargouille bruyamment et reconcentre ses pensées sur la situation présente. Laura sent des sueurs froides glisser le long de sa nuque, qui lui arrache un frisson déplaisant. Charles est un ignare certes, mais un ignare en bonne santé. Elle a besoin de sa liberté de mouvement pour ne pas y laisser encore plus de plumes. Elle secoue doucement la tête dans un grognement.
De l'eau... Du pain... Du temps... D'un faible mouvement du menton, elle désigne la porte de la masure. Et sortir... Son regard s'attarde quelques secondes qur la porte de bois qui semble danser au rythme des flammes, puis le trou noir.

[Espace-temps indistinct]

Retour de son esprit au sein d'un écrin cotonneux où les frontières n'existent que si l'on se borne à les définir. Et l'esprit de Laura s'y sentait bien trop à l'aise dans une béatitude loin de la débilité de son propre corps, là où tout s'efface pour ne garder que l'agréable d'une existence sans substance. Loin de sa prison de chair, il s'agissait là d'un lieu où le temps et l'espace n'avait pas de prises communes sur le fil de ses pensées, où rien n'influer sur sa capacité à raisonner. Mais était-ce un état de raison au moins ? Cela n'avait guère d'importance. Cela était, et c'était même bien. Les volutes blanchâtres dans lesquels son esprit semblait stagner s'animaient aux couleurs de ses pensées, et les visages de ses enfants y apparurent sous des aspects ectoplasmiques grisâtres, et Laura était heureuse de les y voir. Quelque part, loin de la dureté du monde réel, ses enfants seraient toujours en vie, et toujours auprès d'elle, quoi qu'il en advienne physiquement ; jusqu'à ce que le Très-Haut sonne l'heure de son trépas. D'ailleurs, ne serait-ce pas ce glas qui emplit l'atmosphère de son sanctuaire par ses résonnements secs ?

[Matin du sixième jour]

Le temps et l'espace fondent à nouveau sur son esprit, refermant leur prise sur son esprit et inondant celui-ci d'une multitudes d'informations physiques désagréables. La lumière du soleil filtre au-travers des planches en rayures dorées, et son malaise qui lui paraissait si intense il y a une dizaine de minutes semble apaisé. Le temps s'est arrêté pour elle, mais pas autour d'elle. L'odeur qu'elle dégage la prend à la gorge si intensément qu'elle en a un haut-le-coeur. Regard hagard autour d'elle. Charles est toujours dans la bicoque, à basculer sur sa chaise dont les pieds frappent le sol régulièrement de résonnements secs. Elle remarque que les réserves de bois ont considérablement baissées, et cela l'aide à réaliser que de nombreuses heures ont passées, bien plus qu'elle ne l'ai soupçonné dans son "sanctuaire". Elle cherche à se redresser, mais la tétanie semble s'être emparé de son corps, et le moindre mouvement se solde par une crampe fulgurante et une atroce douleur. Mais la fièvre est partie. Le temps a fait son oeuvre, fort heureusement ; mais la faim aussi. Elle se fait d'ailleurs fortement ressentir.

Charles... J'ai faim...
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